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La forêt de Sénart, un bien commun sous haute surveillance

Une forêt aux portes de notre ville. Pourquoi se priver d’un tel espace à portée de basket ?
Bien souvent, forêt et ville sonnent comme étant incompatibles et pourtant … Avec ses 3.272 hectares, Sénart est une île forestière dans un océan urbain. Située entre l’Yerres et la Seine, elle est un véritable « poumon vert » de l’Essonne qui se trouve juste sous nos yeux. Possédant des chênes d’une qualité exceptionnelle, ainsi que des espaces vides, c’est l’ONF (Office National des Forêts) qui est en charge de la gestion de cette forêt domaniale.

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A Vigneux, nous avons de la chance ! Avec 3 parcelles sur la commune, la forêt de Sénart fait belle et bien partie du territoire vigneusien. Vous pouvez notamment y accéder à pied ou en vélo par le Clos de la Régale. Actuellement, la municipalité et l’ONF réfléchissent ensemble pour rendre les entrées de cette forêt plus visibles et plus attractives.

Afin de valoriser au mieux cette forêt publique dans la vie du territoire, les élus et l’ONF ont instauré une charte forestière. Elle vise à impliquer les municipalités locales pour les prises de décisions en matière d’aménagement. « La forêt de Sénart est sur notre territoire, il faut savoir la préserver mais aussi la mettre en valeur. Alors profitez en famille, et même entre amis ! » insiste Thomas Chazal. Coupe des arbres, maintien de la faune, ou encore entretien des 800 mares, la rédaction du VLM vous dévoile toutes les coulisses de la gestion de cette forêt unique en France.

Lorsque nous sommes simple promeneur, il n’est pas évident de s’imaginer tout le travail qui se cache derrière cette immensité d’arbres. Pour vous donner une idée, pour uniquement le massif de Sénart ce sont 4 techniciens qui sont mobilisés au quotidien. Afin de les guider au mieux, un document d’aménagement fixe, sur 20 ans, les grands objectifs et les cadences de coupes en cohérence avec le rythme de la forêt. Ancrée dans un tissu urbain, les 3 enjeux de cette forêt sont l’accueil du public, la préservation de la biodiversité et la production de bois. Il faut savoir qu’en Ile-de-France, on consomme énormément de bois. Ce bois qui pourrait vous servir de combustible pour votre cheminée ou votre poêle, vous pouvez le voir le long des chemins forestiers. Mais attention à ne pas s’y méprendre, tous les troncs que vous voyez ne proviennent pas tous de la même parcelle. Ils sont tous rassemblés au même endroit afin de les présenter, tous ensemble, aux "commerciales", comme une sorte une vitrine.

Une gestion par futaie irrégulière

Pour réaliser au mieux ces objectifs, l’ONF pratique depuis 2014 une gestion qu’on appelle futaie irrégulière. Il s’agit d’un mode de gestion plus extensif pour avoir toutes les tailles et ainsi toutes les tranches d’âge représentées sur une seule et même parcelle. Cette nouvelle gestion arrête notamment les coupes dites « franches », les arbres sont à présent récolteés de façon diffuse pour ne choquer personne. Avant, tous les arbres grandissaient ensemble puis étaient coupés en même temps, pour ensuite laisser la place à une nouvelle génération. « Maintenant, on tend à ne jamais avoir aucun trou dans les tranches d’âges sur les parcelles » explique Laetitia Poffet, responsable de l’unité territoriale Brie-Boisée pour l’ONF. Tous les 8 à 10 ans, des ouvriers de l’ONF se rendent dans les différentes parcelles pour couper les arbres et ainsi gérer la lumière pour le peuplement. « Quand on change le cycle d’une forêt, les transitions prennent des décennies » témoigne Laetitia Poffet. Sachez que le cycle d’un chêne est de 200 ans. « Je participe à tout ce changement, mais je ne verrai peut-être jamais les fruits de mon travail » nous confie Valentin Leduc, l’un des gestionnaires de Sénart.

Attention aux intrus !

Mais il faut savoir qu’en forêt, certaines espèces d’arbres sont considérées comme « invasive » c’est le cas des bouleaux ou des trembles qui se reproduisent plus rapidement et plus facilement que les chênes par exemple. C’est pourquoi, tous les 3 à 4 ans, les ouvriers de l’ONF passent dans les parcelles avec des moyens manuels pour débroussailler la végétation qui fait de la concurrence aux chênes qui poussent très lentement. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le citadin peut être à l’origine de ces espèces invasives notamment, avec les lauriers. Souvent on ne pense pas mal faire en jetant ses déchets verts en forêt, et pourtant, ces gestes sont la cause de la colonisation de la forêt par ces espèces envahissantes.

Des espèces vides et non des friches

Lorsqu’on se promène en forêt, difficile ne pas repérer ces espaces vides dans la zone des Uzelles. Historiquement, la forêt de Sénart était au départ une forêt royale qui servait principalement pour la chasse. D’après les éléments retrouvés, Sénart existait déjà au 9ème siècle. Les zones qu’on appelle les Uzelles remontent justement à cette période. A l’époque c’était un endroit cédé par les nobles au peuple pour qu’ils puissent mettre leurs animaux (porcs, moutons, brebis, etc) en pâture. De nos jours, certaines de ses pâtures sont toujours visibles. En tant que promeneurs, on pourrait croire que ces espaces sont de vulgaires friches, mais non ! Ce sont de véritables zones de refuges pour certaines espèces d’oiseaux et de reptiles. Par exemple, le lézard des souches et la vipère péliade sont devenus très rares, et ces animaux vivent dans ces zones de pâturage, c’est pourquoi, il est important de préserver ces espaces ouverts en forêt de Sénart car, en Ile-de-France, il en manque beaucoup de ces espaces vides. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser ces lieux demandent beaucoup d’entretien. Les arbres comme les bouleaux et les trembles sont des espèces assez envahissantes en milieu vide. Il faut donc les couper pour laisser ces endroits en prairies. Régulièrement des chantiers écologiques sont entrepris pour faire de l’éco-pâturage et donc éviter la débroussailleuse. Ces espaces vides permettent aussi de montrer la variété de paysage et d’ambiance en forêt.

Et la faune dans tout ça ?

En forêt de Sénart, comme vous le savez déjà peut-être on retrouve beaucoup de sangliers et de chevreuils. « Les chevreuils s’alimentent toutes les 4h c’est pour cette raison qu’on en voit souvent » nous explique Christophe Briou. Le sanglier est lui par contre moins visible, notamment car il mange la nuit et se cache des humains dans les fourrées en journée. Toutefois, lorsque vous vous promenez vous pourriez apercevoir des « baignoires à sangliers ». Ce sont des gros trous dans la boue, bien souvent au pied d’un arbre. Cela leur permet de se frotter après leur bain contre le tronc de l’arbre. Étant en milieu urbain, pour causer le moins de dégâts possible en ville, l’ONF organise des chasses afin de réguler et de maintenir une population stable des animaux. Des enclos sont ainsi réalisés pour leur servir d’indicateur. Grâce à ces installations, les gestionnaires observent la régénération des semis et le taux d’abroutissement pour ensuite régler leur pression de chasse.

Des niches écologiques

Loin des sentiers, il faut savoir que certains arbres morts restent tels quel sur place. Volontairement, l’ONF n’intervient pas sur eux. « Ce sont de véritables niches écologiques » insiste Christophe Briou, responsable des animations et directeur de chasse. Ces arbres immenses arbitrent beaucoup d’insectes. Les plus gros prédateurs comme les petits mammifères ou les chouettes viennent quant à eux nicher dans les trous. Une fois l’arbre tombait tout seul, il reste au sol, il n’est pas ramassé pour ainsi permettre à la biodiversité de continuer à se développer. Ces arbres sont signalés par les ouvriers de l’ONF par un triangle bleu sur le tronc.

Des marres avec une gestion unique

En forêt de Sénart on ne décompte pas moins de 800 mares. Jouant un rôle essentiel dans la préservation de la ressource en eau, les mares contribuent à réguler les précipitations, un service indispensable rendu aux régions urbanisées comme notre territoire. Depuis 2019, le niveau de gestion des mares a vraiment progressé et l’ONF développe à présent, un programme de restauration des écosystèmes. « Les mares sont des milieux à fortes valeurs patrimoniales. Il faut qu’on y fasse attention » souligne Valentin Leduc. Hors période de reproduction, les ouvriers de l’ONF entreprennent des travaux sur les mares. La dernière en date est la mare aux faons. En octobre, les objectifs étaient de remettre en lumière une partie de la berge et de réaliser un curage partiel. Toutes les branches ont été mises sur le côté afin que les amphibiens puissent de développer sur la partie terrestre. « Il ne faut pas vouloir intervenir partout, on le fait quand il y a un déséquilibre naturel » précise Christophe Briou. En forêt, il est primordial d’avoir une mosaïque de milieux pour accueillir le plus d’espèce possible.
Sachez que le chêne le plus vieux (estimé à 500 ans) de la forêt se trouve au centre du carrefour des 4 chênes. Avec un espace aussi riche et aussi proche de chez nous, il serait dommage de s’en priver. Alors chaussez vos baskets et partez à la découverte de cet ilot forestier exceptionnel !


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